A m a n d a & B i l l ( ( Ceux Qui Vont Mourir Te Saluent. ) )

A m a n d a  & B i l l ( ( Ceux Qui Vont Mourir Te Saluent. ) )
Je t` aime. Il n'y a que ça que tu dois savoir. Que quelque part dans ce monde, quelqu'un pense à toi de la plus tendre des façons. Dans ta tête, ne garde que ça. Oublie moi, oublie nous.
Mais n'oublie pas que je t'aime.

Apprends à vivre sans moi. Oublie tout ce que l'on a construit. Mais n'arrête jamais d'avancer. C'est la clef de cette porte que je n'ouvrirai jamais ; celle du bonheur. Toi, part contre, tu y as pleinement droit. Alors vis. Vis sans moi.

*Chacun de tes souffles me délivre...


H e i l i g_


Un mois, jour pour jour. Un mois qu'elle est partie, laissant derrière elle un coeur en lambeaux. Mon coeur qui battait il y a encore quelques jours s'est tu. Il s'est rendu compte avec moi qu'elle ne reviendrai plus. Qu'elle nous avait laissé, lui & moi. Qu'on allait crever sans même le comprendre. Lui allait s'éteindre, moi je le suivrai. Ma joie et ma douleur, mon amour et ma haine se confondraient pour ne former plus qu'un seul mot :

Amanda.

Alors je reste ici à dépérir. Je ne sais pas ce que j'ai fait. Je suppose que je ne méritais pas son sourire. Je suppose et je pleure. Je ferme les yeux et j'espère. Je meure et j'oublie le reste.

< < Bonjour. Je m'appelle Bill Kaulitz et je suis un homme mort. > >

# Posté le samedi 01 novembre 2008 17:44

Modifié le samedi 13 décembre 2008 06:54

P r o l o g u e

P r o l o g u e
Amanda Snow. Un nom de fée. Un nom de fée porté par une fée. Une petite fée au cheveux bruns et aux yeux chocolat. Une petite fée rieuse et synonyme d'espoir. Qui, comme la fée Clochette, sème derrière elle de la poussière d'étoile. En mieux. Des doigts longs & fins, un petit nez rougi par le froid de Sydney en hiver. Des cristaux au bouts de ses cils. Amanda est belle.

-Tu n'as pas froid ?
-Je suis glacée, Bill.
-Mais qu'est-ce qu'on fiche ici, alors ?
-On admire.
-Oh.

Bill ne dit rien de plus et sourie. Elle veut tout voir, même si elle est gelée. C'est bien elle, ça !

-Tu m'aimes ?

Bill la regarde, interloqué. Quelle question ! Comment ne pas l'aimer ? Il est fou d'elle.

-Bien sûr, amoro mio.

Elle rit.

-Depuis quand est-ce que tu parles... euh, italien ?

-Depuis que j'ai vu tes yeux.
-Je ne pense pas qu'on y trouve autre chose que ma fascination pour toi,
gazouille t-elle.
-Si. On y lit l'Espéranto.
-Oh.
-Et on y voit le reflet de ton âme.
-Bill, arrête avec tes conneries de poète... J'vais finir par te croire !
-C'est le but, tu sais !
-Bill... Quand arrêteras-tu de jouer au gamin ?
-Quand toi tu ne ressemblera plus à une gamine, nah
, réplique t-il en tirant la langue.

Oui, il ressemble à un gamin. Un gamin heureux.

*ANDM0RE_

1999.

Deux enfants. Deux enfants sur une plage. Le nez de l'un sur celui de l'autre, ils se murmurent les secrets de leurs dix ans. Maman a dit ci, Tom a dit ça. Puis des reproches, leurs nez ne se touchent plus. Tu aimes Tom plus que moi ! Et deux mains qui se lient.

Deux coeurs en mutation.

~ Splash_

<< i w i l l f a l l f o r y o u >>




Bill attend, les mains frigorifiées, qu'Amanda soit sortie des toilettes de ce restaurant minable. Il observe les gens. Il y en a de toutes les sortes. Des étrangers, touristes ou immigrés, des australiens paumés, et, dans un coin, quelques aborigènes. Ils parlent entre eux à voix basse, dans une langue que Bill ne connait pas. Bill ferme les yeux et apprècie le timbre grave de leur chuchotements. Il est tellement absorbé qu'il n'entend pas Amanda ouvrir la porte des WC et se faufiler derrière lui comme une petite souris.

-Billou... Chantonne t-elle.
-Oh ! Tu m'as fait peur...
-Tu étais si mignon... impossible de résister !
-Horrible vilaine fille ><
-C'est ça... Allez, viens !
S'exclame t-elle en l'entrainant. On va visiter l'Opéra !
-Bien sûr. Mais tu ne veux pas te reposer un peux, avant ?
-Non !
-Quelle idée d'être venus ici en plein hiver...
Marmonne t-il pour lui même.

Amanda court dans la neige, rêveuse.

-Je croyais qu'il ne naigerai pas... Mais c'est mieux ainsi !
-Tu trouve ?
-Oh oui ! Dis, on fait des anges... s'il te plaît ?

Et sans attendre de réponse, la jeune fille se jette dans la neige. Bill la regarde, horrifié.

-Tu vas prendre froid !
-Non, viens ! C'est marrant !
-Amanda...
-Allez, monsieur Rabat-Joie ! J't'attend !

A contre coeur, Bill s'installe précautionneusement à côté d'elle.

<< La vie est belle... Si belle qu'elle m'a trompé... >>

Amanda rit. Elle veut aller à l'Opéra, ce soir. Mais Bill n'a pas de costume, et aucunement l'intention d'en acheter.
& puis... l'Opéra, hein.

-On devrait voir Carmen. C'est magnifique.
-Je ne veux pas voir Carmen. Ni Antigone. Ni même La Belle Hélène.
-Mais Bill-Euuh... S'teuplaît...


Bill soupire. Elle a toujours ce qu'elle veut, cette fille là. Mais avec des yeux comme ça...

-T'as gagné. Mais alors pas Carmen, hein ?
-Promis, Billounet.
-Maais ><


Amanda éclate de rire.

-Tu vas voir. Ca va être sentationel.

I miss you...

Quand je me suis couché, ce soir-là, après avoir enduré deux heures de musque classique à vous en crever les tympans, je croyais être heureux.
Sauf qu'elle est partie.
Elle n'était plus là, le matin.
J'étais seul dans ma chambre d'hôtel. Seul, me demandant ce que j'avais bien pu faire.

A L L E I N

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AUTODESTRUCTION_



# Posté le dimanche 02 novembre 2008 05:53

Modifié le samedi 13 décembre 2008 06:56

U n

U n
Quand vous êtes détruit de l'intérieur, la routine est tellement simple et automatique que ça en devient effrayant. Me lever, manger, travailler, & aller faire les courses ; je faisais tout ceci avec une facilité déconcertante. Même si je ne voyais même pas où est-ce que je posais les pieds.
Après la disparition d`Amanda, j'étais passé par toutes les phases de dépressions possibles et imaginables. J`ai laissé tomber le groupe pour me consacrer corps et âme à sa recherche. J`ai tout laissé tomber, en fait. Ma relation privilégiée avec mon frère, la musique, mes amis, l'argent. Tout. Par ce qu`Amanda était ma vie, et que ma vie venait de me filer entre les doigts sans même que je m'en rende compte.
Puis, lorsque j'ai compris que je ne la reverrai plus, je me suis enfermé dans ma chambre avec la ferme intention de ne plus jamais en ressortir. Mon frère, qui s'intéressait encre à mon insignifiante personne, à l'époque, m'apportait à manger. J`ai mis un an à sortir de cette léthargie. Cela peut sembler impossible, mais je peux vous assurer que je serai resté coincé bien plus longtemps si je ne m'étais pas disputé avec mon frère. Un beau matin, il s'était planté là devant moi, et il m'avait dit d'une voix secouée de sanglots qu'il essayait de cacher tant bien que mal :
<< Ça me fait mal de te voir comme ça Bill. Ne me dis pas que tu n'y peux rien. Ne laisse pas cette conne nous pourrir la vie, à toi et à moi. Je t'aime, je t'aime plus que tout, je ne peux pas te voir dépérir comme ça et ne rien te dire. Reviens, Bill ! Reviens-moi... >> Je crois que l'entendre traiter Amanda de conne m'a rendu fou. Je me suis levé et je lui ai hurlé de partir, que je ne voulais plus jamais le revoir, que j'aurais voulu qu'il crève et qu'il ne m'aurait pas manqué. Tom ne m'a plus jamais parlé.
Quand je me suis rendu compte de ce que j'avais fait, il était trop tard. Alors, je suis rentré dans la troisième phase de cette thérapie intérieure -comme je l'appelle maintenant. Je suis partit. Partit très loin.

***

A New York, personne ne me connaissait. J'avais coupé mes cheveux, jeté tout mon maquillage, et j'avais l'impression d'avoir volé les habits de Gustav. Je suis allé à l'université -à 21 ans, quand on est riche et qu'on a rien à faire...- et j'ai décroché mon diplôme en design. Quatorze ans plus tard, tout les gens hype des Etats-Unis voulaient posséder au moins un meuble signé Kaulitz dans leur maison. Quand on a trente-cinq ans, on ne demande que ça, des gens qui achètent tout ce que l`on produit, hein ?

( B E H A V E )

Ma journée s'annonçait des plus communes. Café, métro, bureau, dodo. Haha. En tant que directeur de BeeKa, numéro un du mobilier de luxe, je n'avais plus qu'à signer des papiers. D'autres dessinaient pour moi, ce qui n'était pas toujours plaisant. Ce jour-là, par exemple, je voulais faire quelque chose de mes mains, autre chose que d'apposer ma signature sur des contrats. Je lançai un sourire à la concierge de mon immeuble, puis sortis. L'air de NYC n'était peut-être pas le plus pur au monde, mais il était frais, et cela me suffisait amplement. Ces grande bouffées glacées qui me fouettaient le visage m'étaient du plus grand bien. Parfaitement réveillé, à présent, je me dirigeai vers le métro, empruntant machinalement un itinéraire que je connaissais par coeur. Je fus bousculé par une adolescente qui me dépassa pour sauter par dessus les engins chargés de composter les tiquets. Je l'observai quelques instants avant qu'elle ne disparaisse, aussi vite qu'elle était apparue. Le regard furtif qu'elle m'avait adressé m'avait frappé. Je compostais mon tiquet sans vraiment m'en rendre compte, essayant de retrouver la jeune fille dans la foule ; en vain.
Enfin monté dans ma rame de métro, j'ouvris le journal acheté ce matin. Les gros titres ne m'intéressaient pas vraiment. Seul les pages économique retinrent mon attention, car le dollar avait chuté O,5. Mauvais pour ma société. Plongé dans mes calculs, je ne vis pas le contrôleur s'approcher.

-Votre tiquet, s'il vous plait, demanda t-il à ma voisine.

Je me retournai et poussai une exclamation de surprise : c'était la jeune fille qui m'avait bousculé. Elle grimaça un marmonna un vague scheisse. L'allemand raviva en moi tout une ribambelle de souvenirs douloureux. Cela faisait si longtemps que je ne l'avais pas parlé...
L`adolescente regardait le contrôleur, et je me rendis compte de deux choses :

1. Elle n'avait pas de tiquet. Je l'avais vue sauter la barrière.
2. Elle ne parlait surement pas anglais. Elle allait avoir de gros soucis, sans tiquet et sans moyen de s'expliquer.

Mu par une force incontrôlable, je tendis un billet de cinquante dollars à l'agent de sécurité.

-C'est ma fille, elle ne parle pas anglais, j'ai complètement oublié de lui composter son billet. Excusez-moi, voici le mien, dis-je d'une traite.
-Ho... Ce n'est rien monsieur. Payez-moi juste le prix du tiquet... Au fait, j'adore votre nouvelle chaise, sourit-il. Il m'avait reconnu.
-Merci, mais ce n'est vraiment pas la peine. Je lui glissai le billet de cinquante dans la main et me retournai vers ma jeune inconnue à qui je m'adressai dans un allemand un peu rouillé.
-Bonjour... Je suppose que tu as compris ce que j'ai dit au type là-bas, non ?
-Qu'est ce que vous m`voulez ?
-Vraiment rien,
soupirais-je. Ça fais juste tellement longtemps que je n'ai pas entendu d'allemand que j'ai eu envie de t'aider.
-Ma mère m'a appris de me méfier des inconnus. Surtout quand il sont gentils,
fit-elle, suspicieuse.
-Je ne suis pas aussi inconnu que ça... Je suis le patron d`une des plus grandes société du coin, hein...
-Qu'est ce qui m`le prouve ?
-Tu peux descendre avec moi à la prochaine station. Si tu n'as pas peur que je te tue ou... quoi que soit d'autre.
-J'ai peur.
-O.K, je comprend,
soupirais-je. Elle soupira elle aussi, mais plutôt genre soulagée. Seulement que tu as l'air perdue, continuais-je. Je n`aime pas trop ça. Je ne pense même pas que tu sois majeure... Tu ne parles pas un mot d'anglais et tu es dans une des plus grande ville du monde.
-Vous avez pas la conscience tranquille ou quoi ? J`ai presque seize ans, ça va aller.
-Ce n'est pas vraiment une histoire de conscience. Dis-moi au moins ce que tu fais là.
-Je... j`essaye de bosser. Je suis une retardée du rêve américain.
-Pardon ?!
M'étouffais-je.
-Ma... C'est ma mère. Elle est malade. Elle va crever et on a pas assez de sous pour la sortir de là.
-Qui ça, on ?
-Seulement elle et moi. Super cool, hein ?
-Qu'est que tu fais ici ? Je veux dire, ici, à New York ?
-J'ai gagné un billet d`avion. Mais je pouvais pas le vendre, alors je suis venue. Ma mère est chez une tante. Je suis ici pour me faire le plus de fric possible, puis j`me casse.
-Oh.
-Ouais, oh.
-Je... je ne sais pas pourquoi, mais je m'interdis de te laisser comme ça.
-Et moi je ne sais pas pourquoi, mais je n'ai pas très envie de vous faire confiance.
-C'est parfaitement compréhensible et... Merde, j'ai raté ma station.
Je marquais une pause. Tu as un portable ?
-Hein ?
-Un numéro de téléphone ?
-Mais pourquoi ?
-Hors de question de te laisser comme ça.
-Arfh,
Se résigna t-elle. Passez moi votre portable, je me rentre. C'est quoi, votre nom ?
-Bill. Bill Kaulitz.
-Naan ? Comme le chanteur du groupe qu'écoutait ma mère ? Tokio bidule...
-Tokio Hotel. Et toi, tu t'appelles ?
-Erin.
-Appelles-moi si... si tu as un souci.
-O.K.
-Erin...
-Quoi ?
-Je suis quelqu'un de célèbre. Je ne veux pas te faire de mal. De toute façon, ça se saurait et... Je veux juste qu'il ne t'arrive rien de mal, par ce que tu me rappelle quelqu'un.
-Ouais, ça va... Bill.


And then she turned her head, she blooded...

Des dossiers. Des centaines de dossiers. Voilà ce qui m`attendait sur mon bureau. Vive le boulot. Je passais ma matinée à étudier les nouvelle figures, supprimant au moins une bonne cinquantaine de fauteuils, tables, ou autres. Crevé, je m'octroyais une pause bien méritée, un bon café dans la main.

-Monsieur Kaulitz ?

Je me tournai vers Nathalia, ma secrétaire.

-Qu'est ce qu'il y a, Nat ?
-Un coup de fil pour vous.
-Oh... Merci. Vous me le passez, s'il vous plaît?
-Bien sûr, monsieur Kaulitz.


-Bill...
-Erin ?
-Je... je n'ai pas assez d`argent pour l`hôtel. Même le plus minable.
Elle éclata en sanglots.
-Où es-tu ?
-Je... oh putain, j`en sais rien. Je flippe. Je flippe à mort, je flippe tellement que j'ai appelé un parfait inconnu à l'aide !
-Erin... Lis un panneau. Où es-tu ?
-Je... Central Park East.
-Mal famé,
marmonnais-je. Ne bouge pas !
-Je n'ai pas l'intention de bouger. Sauf qu`il y a des types super bizarres et... Merde Bill, j`ai peur !
-J'arrive. Ne bouges pas.


Je ne pris même pas la peine d'enfiler un blouson. J`empochais les clefs de ma voiture et sortis en courant.

<< E R I N >>

Je ne savais pas ce qui me poussait à faire confiance à Bill. Peut-être était-ce son regard chocolat, ce regard que j`étais sûre d'avoir déjà vu quelque part ? Ou sa voix ? Bill me rappelais atrocement quelqu'un. Et puis... j'étais réellement dans le pétrin.
Les quatre types qui m'observaient depuis un moment se firent un signe discret, puis, le premier se détacha du mur sur lequel il s'était avachi. La peur me tordit le ventre. Putain Bill... grouilles-toi ! Les trois autres le suivirent.

-Coucou ma jolie, fit-il en anglais. Contrairement à ce que croyais Bill, je parlais la langue.
-Salut, dis-je, essayant de paraître assurée.
-Ça te dirait de venir de venir t'éclater avec nous ?
-Non, désolée, mon père va venir me chercher d`une seconde à l'autre.
-Me dis pas qu`on te fait flipper, hein ?
-Oh non,
dis-je, mais mes dents me trahirent en claquant.
-Ouais...
-Foutez-moi la paix, okay ?
-Oh non, pas okay du tout,
me répondit le type.

J`eus à peine le temps de voir sa main s'écraser sur mon visage.

<</ ERIN IS OVER >>

J`étais arrivé trop tard. Erin était là, par terre, une vilaine blessure à la tête. Bien sûr, aucune trace de son agresseur. Quelle connerie, la vie. Je soulevai délicatement sa tête, puis, je la pris dans mes bras. Elle ne pesais pas vraiment lourd. Je la portais jusqu`aux sièges de ma Jeep, posant son visage le plus doucement possible sur le cuir. Elle poussa un gémissement de douleur.

-Erin... ça va ?
-Aïe...
-Laisse tomber, ne parles pas. Je t`emmène à l'hôpital.
-Non ! Aouh !


Je poussais un long soupir.

-Pas forcément pour te faire hospitaliser...Juste pour un examen.
-Ouille...
-Calme toi, Rin.


Elle s'endormit sur le siège, ne comprenant même pas que l`on était arrivés à l'hôpital tant redouté...

* TO BE ME

Dans cette salle d`hôpital si froide, Bill Kaulitz observe cette fille qu'il ne connaissait pas la veille, mais qui est si importante pour lui maintenant.

Erin ouvre les yeux.
Sourit.
& dit :

-C'est beau, Rin...

___________________________________






# Posté le mercredi 05 novembre 2008 08:00

Modifié le samedi 13 décembre 2008 06:57

D e u x .

D e u x .

Lorsqu'Erin ouvrit les yeux, la première chose qu'elle vit fut une somptueuse couverture en cachemire et en dentelle rose. Le genre de truc qui coute une fortune ; et qui, surtout, n'avais rien à faire dans sa chambre de bonne berlinoise minable. Puis, elle se souvint qu'elle n'était ni à Berlin, ni à Magdebourg. Elle était aux États-Unis, à New York City, dans un lit qui ne lui appartenait pas. Génial. Dans quel pétrin s'était-elle encore fourrée ? Quel était ce lieu inconnu ? Et pourquoi sa tête lui faisait-elle aussi mal ? Elle referma les yeux et cala sa tête contre l'oreiller, en cachemire rose lui aussi. C'était vachement doux. Sans vraiment comprendre ce qui lui arrivait ; elle sentait tout du moins que ce qui lui arrivait était exceptionnel, et qu'il fallait profiter de cette couverture douillette. La porte de sa jolie chambre s'ouvrit, et Erin releva la tête pour observer l'intrus. La trentaine, il avait de beaux cheveux châtain-clair qui lui arrivaient à la nuque, de grands yeux chocolats étonnés, et un énorme sourire. Il la regardait, gorgé de fierté. Ou peut-être tout cela n'était qu'une illusion ?

-Bill ? Qu'est ce que je fous ici ?
-Hey, Erin, bonjour à toi aussi ! Oh, je vais bien, merci, et toi ?
-Oh. Désolée. Salut.
-C'est rien, mais si t'avais vu ta tête...
s'esclaffa t-il.
-Ouais ben... pas ma faute, hein, si j'ai la tête dans l`cul au réveil !

Bill la regarda d'un oeil paternel. Ses cheveux blonds étaient tout ébouriffés, et elle faisait une gueule de six mètres de long. Sans parler de ses yeux verts à demi-maquillés, et du pyjama de fois trop grand qu'elle portait.

-Naan,
geignit-elle, te fous pas de ma gueule...
-Je ne me moque pas de toi ! Protesta Bill.
-On est où ?
-Baah... chez moi, quelle question !
-Chez... Toi ? Je peux comprendre ce que je fais là ?
-Tu t'es fait cogné dessus par des grosses brutes dans un quartier minable et je t'ai galamment secouru !

-Ah ouais... C'est joli, dit-elle en désignant l'attirail de lit en cachemire rose. C'est la chambre de qui ?
-Oh... C'était la buanderie.
-Pardon ?



Erin ouvrit de grands yeux et observa les lieux autour d'elle. Cela n'avait rien à voir avec une buanderie ! Il y avait des jolis murs en papier peint saumon, un grand lit en métal blanc, et un bureau en hêtre clair. Tout ça agrémenté d'une moquette rose.

-La... Buanderie ? Erin ouvrit de grands yeux.
-En fait, lui expliqua Bill, qui semblait mal à l'aise, quand j'ai vu que tu n'avais nul part où loger... ben, j'ai fait déloger ma demi-douzaine de lave-linges pour t'installer une chambre décente. L'architecte s'est permit de décorer à sa guise. C'est très... rose.
-Une chambre ? La mâchoire de la jeune fille pendait. Ben ouah. Merci.
-Euh, Erin je...
-Bill, t'es tout blanc !
S'exclama Erin.

Bill ferma les yeux et soupira. Pendant un instant, il avait cru qu'Erin, son Erin, allait cracher sur cet étalage de richesse indécent. Mais elle s'était contentée de sourire et de le remercier. Du peu qu'il la connaissait, il pouvait déjà affirmer que ça, c'était du Erin tout craché.

-Tu peux rester couchée, tu t'es vraiment pris un mauvais coup sur la tête, lui répondit-il quand elle lui demanda ce qu'elle devait faire, maintenant.
-Non. J'veux dire après. Qu'est que je vais faire, quand je serai partie d'ici ?
-Oh, Rin ! Tu ne vas pas partir ! Tu vas rester loger ici, te trouver un boulot si tu ne veux pas de mes sous, jusqu'à ce que tu rentre chez toi pour aider ta mère. Et je te payerai ton billet d'avion.
-Quoi ?
-Je te payerai ton...
-Hein ? Non, pas le billet ! Pourquoi t'es si... gentil ?

Je t'aime, faillit-il dire, mais il se retint à temps. Elle l'aurais prit de travers. Bien sûr que non, il n'était pas amoureux d'elle, quelle idée ! Mais il l'aimait déjà, de cet amour inconditionnel qu'a un père pour sa fille. Et il n'y pouvait rien.

-Je ne te laisserai pas crever alors que je peux te sauver,
préféra t-il dire. La Grosse Pomme, c'est pas une ville pour toi. En moins de temps qu'il ne faut pour dire pignon, tu deviens, au mieux, toxico, au pire, prostituée enceinte de jumeaux. Et tu es une fille.
-Hum. J'veux dire... merci quoi. De me protéger, comme ça.
-C'est pour me rattraper, souffla t-il doucement. Je ne l'ai pas sauvée, Elle.
-Elle ? Enfin, si tu veux te confier...
-Eh bien ma foi, pourquoi pas.


Il y a très longtemps, j'étais amoureux. Jeune, con, riche, et amoureux. D'un ange brun aux yeux caramel. Elle sautillait dans la neige, je la retenais quand elle glissait sur du verglas. Nous étions complémentaires, elle, la rêveuse, et moi, le petit con avec la tête sur les épaules. J'avais trouvé cette saloperie d'âme soeur.
-Que c'est-il passé ?
Je n'en sais rien. Peut-être n'ai-je pas su la retenir ? Peut-être n'était-elle pas heureuse ? Peut-être avait-elle trouvé mieux ?
Toujours est-il qu'elle avait disparu, qu'elle s'était envolée, volatilisée, évaporée ; comme la fée qu'elle était. Un petit bout de bonheur éphémère imprimé à l'encre de chine sur du papier glacé doré & miroitant. Une putain de promesse non tenue. Un pauvre rêve piétiné.
Une véritable magicienne des sentiments.

-Bill... Je suis sûre que ce n'est pas de ta faute. Peut-être avait-elle des problèmes que tu ne pouvais pas comprendre ? Peut-être...
Non ! J'aurais pu tout comprendre !
Mais elle ne m'en a pas parlé. Elle aurait pu se confier à moi, comme d'habitude. J'aurais résolu tous ses soucis. J'avais de l'argent, de l'influence... Je pouvais tout. Tout sauf la garder, apparemment.

__

Offrons lui la parole...

Des années. Des années que je ne m'étais pas confié ainsi. Une véritable éternité. Une éternité sans personne. Sans Amanda. Sans Tom. Sans le groupe, sans mes parents, sans David, sans les fans, sans les journalistes, sans Bill Kaulitz. Juste William Kaulitz, patron de BeeKa. Juste un fantôme. Il avait fallu une gosse de seize piges pour que je comprenne que je n'étais plus rien. Que je m'étais effacé au profit de cet homme d'affaire ennuyeux que je m'étais juré de ne jamais devenir, quand j'étais Bill le Magnifique, le Rebelle. Un pauvre con dépressif.

-Bill ?
-Mmmh ?
-Je suis sure qu'elle t'aime. Certaine, même.
Déclara t-elle.
-Et comment tu le sais, grosse maligne ? Hein ? Ris-je.
-Par ce que moi, je t'aime très fort, me répondit-elle avec un air de môme. Donc, rajouta t-elle, philosophe, impossible que quelqu'un ne t'aime pas.
-Hey hey, c'est intéressent comme théorie. Donc comme ça, tu m'aimes très fort ?
-Bah ouais !
-Ho ho... J'vais êtres à la bourre, moi...
-Allez, fille !
S'exclama t-elle en riant.

Et c'est ce que je fis. Avec une angoisse sourde dans mon ventre. Quand je rentrerai, serait-elle là ? Ou bien se serait-elle évaporée comme Amanda ? Étais-je condamné, maudit ? Comme si elle avait lu dans mes pensées, Erin me regarda dans les yeux et affirma :

-Je viens te chercher au boulot ! Ouahou !

Et la vie reprend son court ?



# Posté le jeudi 18 décembre 2008 13:11

Modifié le vendredi 19 décembre 2008 16:02